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Culture
- Géographie
-Histoire
Culture
Des
sites Mégalithiques et Torréens en passant
par les Église Pisanes, les nombreux ouvrages
Génois, les citadelles, les tours et les ponts,
l'Histoire a laissé en Corse une multitude
de monuments et d'oeuvres-d'art sans oublier l'art
insulaire (chemins de croix, chaires de bois).
Les
Sites Préhistoriques
·
Filitosa
La proximité de la plaine fertile du Taravo,
la présence d'une hutte facilement aménageable
et de nombreux abris sous roche vont prédisposer
le site de Filitosa à une très longue
occupation, du VIème millénaire avant
notre ère jusqu'à l'occupation romaine.
Au IIème millénaire av. J.C., les
tailleurs de pierre, les sculpteurs mégalithiques
feront de Filitosa le plus grand centre de l'art
statuaire corse et méditerranéen.
Filitosa, 8000 ans d'histoire et de mystère,
garde jalousement ses statues-menhirs, ses monuments
circulaires et ses secrets.
Les "Torre" ne cessent de nous interroger.
Quelle était leur destination ?
Quel culte l'homme pratiquait-il à Filitosa
?
lci à Filitosa naquit en 1954 grâce
au découvreur du site Charles-Antoine Césari
une des aventures archéologiques les plus
riches d'enseignement de l'histoire de la Corse.
Les
Eglises Pisanes
L'harmonieuse
simplicité des églises romanes construites
par Pise après avoir reçu la charge
des diocèses corses témoigne d'un
art abouti. Ces églises, de taille modeste,
s'inscrivent avec bonheur dans un paysage qu'elles
semblent avoir toujours habité.
· San Michele de Murato
· La Canonica.
Les
Ouvrages Génois 
·
Les Citadelles
La fondation par Gênes de villes comme Bonifacio,
Calvi ou Bastia et Ajaccio s'est accompagnée
de la construction de citadelles hérissées
de remparts protégeant l'activité
commerçante de ces cités.
·
Les Tours
A
l'initiative des financiers de la Banque Saint-Georges
et devant le danger des attaques barbaresques, un
réseau de plusieurs centaines de tours, situées
sur des promontoires au bord de la côte, fut
construit au cours des XVème et XVI ème
siècles .
· Les Ponts génois, étroits,
enjambant d'une simple et unique arche les cours
d'eaux les plus modestes qu'ils surplombent généreusement
de leur étroite silhouette offrent encore
leur passage sur de nombreuses routes ou chemins
comme le Pont d'Ota prés de Porto.
La
Tête de Maure ... Un Symbole 
Dans
sa pureté primitive, la tête de Maure
est " dextre ", de " sable ",
" animée ", " tortillée
", sans collier ni pendentifs, et coupée
au ras du cou. Quant au tortil, il est soit sur
le front, soit sur les yeux. Et il peut même
manquer, bien que sa présence soit donnée,
par la plupart des traités d'héraldique,
comme un élément essentiel de la figure.
La
tête de Maure n'apparaît pour la première
fois qu'en 1281, sur un sceau du roi Pierre III
dit le Grand. Elle est quadruple et entoure une
croix. Les successeurs de Pierre III continuèrent
à se servir de cet emblème pendant
un bon siècle, et ce n'est qu'en 1387 que
le roi Jean Ier revient au sceau à quatre
pals de ses ancêtres " qu'il employa
seul et que conservèrent ses successeurs
tant que dura le royaume d'Aragon.
En
ce qui concerne la Corse, retenons que l'emblème
n'est pas né dans notre île, qu'il
y a été importé par les rois
d'Aragon et qu'il n'y est attesté ni à
la fin du XIIIè, ni au début du XIVè
siècle. S'il n'est pas absolument exclu que
certains chefs corses aient pu prendre la tête
de Maure comme enseigne de leurs fanions et étendards,
il est en revanche certain que le drapeau à
la tête de Maure n'a pas été,
en cette même période [XIIIè
au XVIIè siècle], le drapeau officiel
de la Corse. Le 12 mars 1736 débarquait à
Aleria un baron allemand qui se paraît indûment
de titres aussi prestigieux qu'empruntés.
Théodore de Neuhoff se faisait partout accompagner,
dans sa marche triomphale a travers la Corse d'un
portrait où il figurait en tenue d'apparat.
Au bas de ce portait figurait un blason ainsi conçu
: au centre, un écu carré surmonté
d'une couronne royale, elle-même surmonté
d'un globe. Dans l'écu, une tête de
Maure, tournée vers la droite de celui qui
la regarde, portant un bandeau sur les yeux, noué
derrière la tête. C'est donc à
ce " roi d'opérette ", à
cet aventurier qui ne régna que six mois
que l'on doit la présence de la tête
de Maure sur le drapeau officiel de la Corse. Or
la popularité de Théodore fut immense
en Europe. Désormais, la tête de Maure
est connue de l'Europe entière comme le symbole
officiel des armes de la Corse. C'est avec Pascal
Paoli que le drapeau à tête de Maure
est devenu l'emblème officiel de la nation
corse.
Au
début de son " Généralat
" Paoli ne songea à innover en cette
matière.
Il garda l'emblème choisi, en janvier 1735,
par les chefs insurgés dont son père,
à la " Consulta " de Corte. L'étendard
portait l'image de la Vierge Marie.
Mais en 1760 Paoli imagina un changement. On voit
qu'il introduisit une innovation importante, par
rapport au drapeau de la Consulte de 1735, puisqu'il
abandonne l'image de la Vierge Marie. Il reprend
la tête de Maure telle qu'elle est figurée
sur les cartes de l'époque et sur les armes
de Théodore. Mais par rapport à Théodore,
il introduisit une nouvelle différence :
la suppression de la chaîne.
Le
24 mai 1761, il fut décidé de fapper
des monnaies "aux armes du Royaume". Ces
monnaies portent les armes de la Corse dans leur
version définitive : un cartouche enferme
une tête de Maure tournée vers la gauche
avec un bandeau sur le front, noué derrière
la nuque et un collier à deux ou trois grains.
Paoli a décidé de relever le bandeau
qui, on l'a vu, était placé sur les
yeux dans les armes de Théodore. Un mot de
lui, cité par l'un de ses biographes, nous
donne la raison de cette déclaration : "
Les Corses veulent y voir clair. La liberté
doit marcher au flambeau de la philosophie. Ne dirait-on
pas que nous craignons la lumière ? Ces propos
sont corroborés par Ambrogio Rossi : "
Le général avait coutume de dire en
riant : " Désormais le bandeau royal
est bien placé comme il faut et comme il
convient à notre dignité et non pour
notre honte, comme le voulaient nos ennemis. Là
ne s'arrête pas l'histoire de la tête
de Maure. Les Français la conservèrent
en y ajoutant les fleurs de lys mais en supprimant
complètement le bandeau. La Révolution,
dans un premier temps donna au nouveau département
de la Corse des armes où la tête de
Maure voisinait avec les et une devise : La Loi,
Le Roi . Mais, dès 1792 cette devise disparaît
bien que la tête de Maure et les fleurs de
lys subsistent encore. Lorsque Paoli forma le royaume
anglo-corse, la tête de Maure associée
aux armes du roi d'Angleterre redevint, de 1794
à 1796, l'emblème officiel de la Corse.
Apparue à la fin du XIIIè siècle
sur les sceaux du roi d'Aragon, portée peut-être
par quelques chefs corses du parti aragonais aux
XIV et XVè siècles, reparue sur un
atlas italien du XVIè siècle, répandue
par lui à travers l'Europe des cartographes,
ramenée en Corse par Théodore de Neuhoff
en 1736, devenue avec Paoli l'emblème officiel
de la Corse indépendante, telle est l'extraordinaire
parabole historique de la tête de Maure.

Géographie
Située
à 42° de latitude nord, la Corse est,
par sa surface, la 4ème grande île
méditerranéenne ( 8722 kilomètres
carrés), la 2ème pour l'importance
de son relief (2710 m). Ses paysages sont très
accidentés, à l'exception de la plaine
orientale et de l'extrême sud. Longue de 183
km et large de 85 km, la Corse occupe une place
centrale entre la Sardaigne située à
12 km, la côte toscane située à
85 km et la côte provençale située
à 170 km au nord-ouest.
Le
Parc Naturel Régional a permis de promouvoir
et de conserver, à partir de 1972 - sur une
superficie d'environ 300 000 hectares - l'aspect
trditionnel de la Corse.
Imaginez
une étoile drappant en diagonale et dans
un même esprit les chaînes cristallines
de Haute Corse et Corse du Sud et prenant dans ses
plis une grande partie de la Castagniccia ainsi
qu'à l'ouest, la façade maritime qui
englobe dans ses impressionnants escarpements la
désormais célèbre presqu'île
de Scandola.
C'est
donc sur plus du tiers de l'ile qu'une équipe
pluridisciplinaire très présente sur
le terrain s'est fixé pour objectifs - avec
la coopération des habitants - de protéger
la faune et la flore sans pour autant léser
chasseurs ou cultivateurs, de conserver et de restaurer
les bergeries traditionnelles , enfin d'impulser
un renouveau rural de qualité - notamment
a travers l'activité pastorale - tout en
développant un tourisme "vert"
en accord avec l'innocence de la nature et l'ame
de ses habitants.
La
passion, le dialogue et la volonté des hommes
ont permis aux espèces menacées ou
en voie de disparition d'être l'objet d'une
protection spéciale ainsi cerfs, sangliers,
renards, belettes, chats sauvages peuvent évoluer
sans risque Il en est de même pour le mouflon
que l'on rencontre à Bavella et à
Asco, le gypaète barbu et ses trois mètres
d'envergure, l'aigle royal , l'aigle pêcheur
- ou balbuzard - dont la France a failli connaître
la disparition - les rares couples aujourd'hui protégés
ne nidifiant qu'en Corse.
C'est
également l'amour , la vigilance, et le sens
de la communication des équipes en place,
relayées par les instances administratives
et éducatives, qui permettent à ces
superbes régions de voir diminuer incendies
et braconnages au profit d'un tourisme qui - loin
des clichés - peut s'épanouir en pratiquant
ski de fond, randonnées équestres
ou pédestres notamment celle du GR20 , en
goûtant au plaisir de l'hébergement
en gîte rural et à celui de la rencontre
avec habitants et artisans , ces montagnards fiers
à juste titre de leur vérité
,réconciliés enfin avec la mer grâceà
la reconnaissance par l'Unesco comme site d'intérêt
mondial de la presqu'île de Scandola.
C'est
en 1975 que SCANDOLA , sise au nord du flamboyant
Golfe de Porto fut élue première réserve
de France à vocation à la fois terrestre
et maritime.
De
Granit et de Schiste... 
C'est
elle, la montagne ,qui donne à la Corse sa
physionomie de caractère et de noblesse avec
environ 1700 sommets allant de 300 à 2710
m d'altitude. Elle façonne, en les séparant
par une dépression allant d'Île Rousse
aux environs de Ghisonaccia et traversant Ponte
Leccia puis Corte, deux corses de superficie et
nature différentes :
Au
Nord Est
Une
première chaîne de crêtes, au
nord-est de cette dépression, culminant à
1767 M au Monte San Petrone, part de l'extrême
nord de l'île, soit de Cap Corse et se prolonge
jusqu'à la rivière Fiumorbo.
Plus à l'est, s'étend une deuxième
chaîne légèrement arquée
et moins élevée puisque son plus haut
sommet le Monte Olmelli s'élève à
1285m.
Les principaux sommets de cette première
corse de nature schisteuse , dite "l'En-Deça-Des-Monts"
(par rapport à l' Italie) - ou cote orientale
- sont du Nord vers l'Est: la Cime du e Folicce
(1305m), le Monte Stello (1307m), le Monte Asto
(1535m) et le Monte San Petrone déjà
cité.
A
l'Ouest
Le
relief cristallin de cette deuxième Corse
à l'ouest de cette dépression, appelée"l'Au-Delà-Des-Monts",
se décline sur une étendue beaucoup
plus vaste en une suite de massifs granitiques.
Certains massifs semblent plonger dans la mer; aux
arêtes vives, ils cloisonnent des vallées
contrastées d'où émergent les
sommets les plus élevés de Corse.
Ne
résistons pas au plaisir d'en nommer quelques
uns (du Nord- Ouest au Sud Sud-est) tant leurs noms
sont aussi porteurs de rêves que leurs visions:
le Monte Cinto - le toit de l'île - (2710m),
la Paglia Orba , le Monte Rotondo, le Monte d'Oro,
le Monte Renoso, la Punta di A cappella, le Monte
Incudine, les Aiguilles de Bavella, la Punta di
a Vacca Morta ou encore l'Omo di Cagna...
La
Nature Corse c'est aussi :
Étés
fous de lumières, chauds et secs, hivers
doux, le climat corse est un climat méditerranéen
. La température moyenne de plus de 12 degrés
s'accroît du Sud vers le Nord. La moyenne
des minima chute rarement au dessous de zéro
en hiver tandis que la température moyenne
maximale peut atteindre 18 ° sur la côte.
Au coeur de l'été , la côte
connaît des extrêmes allant de 23 à
36°, tandis qu'à environ 1000 mètres
d'altitude celles-ci varient d'environ 8 à
26°.
Les vents qui viennent des quatre points cardinaux
et qui portent des noms de rêves d'Orient
- Libeccio, Mistral, Tramontane, Levante, Sirocco,
Grecale, font glisser sur l'île leurs souffles
habituellement paisibles , mais peuvent aussi ,
parfois , la cingler de leurs rageuses rafales..
L'Arbre
à Pain et l'Énigmatique Sittelle
Qui
n'a entendu évoquer la somptueuse végétation
corse ? Celle-ci compte en effet plus de 2000 espèces
dont, selon les botanistes , 78 à 81 qui
lui sont propres.La richesse des variétés
que la nature associe avec tant de magnificence
selon l'altitude et le type de sol offre à
chacun le dépaysement cher à ses rêves:
tantôt celui de l'Afrique ou de l'Italie,
tantôt celui de l'Espagne , de la Grèce
ou de l'Asie, tantôt celui de l'Amérique
et de ses exotismes.
Mais aucun de ces pays, aussi lointain soit-il,
n'offre un si harmonieux mélange de parfums,
de couleurs, de dégradés, de formes
et de densité que celui du "maquis corse"
mêlant cistes, lentisques,arbousiers, myrtes,
genêts, bruyères , chênes verts
pour laisser place, ça et là, aux
espèces végétales nourricières
implantées ou réimplantées
par les Génois au XVème siècle:
la vigne, le figuier, l'olivier ainsi que le châtaignier
longtemps"arbre à pain" de nombreux
villages et seigneur de la région de la Castagniccia
qui acquit son nom au XVIème siècle.
Graves ,denses, riantes ou légères,
les forets de hêtres ,de châtaigniers,
de pins Laricio ou d'aulnes odorants sont souvent
les gardiennes - aidées de l'homme qui s'y
emploie au sein d'un superbe PARC NATUREL RÉGIONAL
et de trois zones du littoral classées Réserves
Naturelles ( Scandola, les Îles Cerbicales
et les Iles Lavezzi )- d'une faune très riche,
parfois rare dont , pour n'en citer qu'un exemple,
l'énigmatique sittelle qui hormis la Chine
et le Canada n'existe qu'en Corse.

Histoire
Un
voyage dans le temps, bien que schématique,
pour mieux comprendre comment des tumultes de l'Histoire
est née l'harmonie de cette terre pourtant
riche de contrastes.
Quelques
repères avant l'Histoire
·
7000 - 6000 av. J.C. Prénéolithique
Traces des premiers groupes humains vivants dans
des abris sous roche . Identification de la plus
ancienne sépulture corse datée de
6570 av. J.C., la "dame de bonifacio "
(Musée de Lévie ).
· 6000 - 4500 av. J.C. Néolithique
ancien
L'homme domestique l'animal, maîtrise la technique
céramique et construit des abris en pierre
sèche, se sert d'outils en silex ou obsidienne.
· 4500 - 3000 av. J.C.Néolithique
moyen
Premières formes d'élevage, quelques
tentatives d'agriculture.
· 3000 - 1800 av. J.C. Néolithique
récent
Les hommes de plus en plus nombreux occupent plusieurs
sites, développent l'agriculture, sont les
premiers en Europe occidentale à travailler
l'osier (près de St Florent) et le cuivre
(Aleria). Les décors, l'outillage et les
armes défensives évoluent.
La civilisation mégalithique est en cours
et se manifeste sous forme de mégalithes
: coffres, dolmens, menhirs puis de statues -menhirs
dont le nombre s'avère être le plus
élevé de Méditerranée
comme en témoigne Filitosa, haut site de
l'art statuaire corse, reconnu d'intérêt
mondial par l'UNESCO.
· 1800 - 700 av. J.C. Age de Bronze
La société se hiérarchise,
les villages fortifiés, les castelli, se
multiplient et s'entourent de monuments circulaires
appelées "torre", construits sans
doute à des fins défensives et culturelles
- cette civilisation "toréenne "
se manifestant principalement dans le Sud de l'île
.
· 700 - 565 av. J.C. Age de Fer
L'activité au sein du village s'intensifie.
L'activité pastorale, l'organisation et la
notion de stockage se développent (site de
Cucuruzzu à Lévie ).Le mobilier métallique
est courant.
Cette période est marquée par une
succession d'invasions.
Un envahisseur chasse l'autre, les Ibères
d'abord, les Ligures ensuite puis les Phéniciens.
Ces invasions s'accompagnent d'alliances rapidement
compromises par l'arrivée permanente de nouveaux
venus.
· 565 av. J.C. La Fondation d'Aléria
Cette cité fondée par les Phocéens
vers 565 avant J.C. est premier comptoir commercial
crée en Corse. Les indigènes retranchés
dans les montagnes profitent peu des richesses de
cette métropole internationale.
Située au croisement des grandes routes commerciales
de l'Antiquité, elle est aussitôt convoitée
par les Etrusques de Toscane alliés aux Carthaginois
d'Afrique.
L'apport de ces civilisations successives est remarquable
tant au niveau démocratique ou artistique
que technique avec notamment la mise en valeur de
la plaine orientale, le développement de
la culture de la vigne ou de l'olivier, l'exploitation
des ressources du sous-sol ou la commercialisation
du produit de la de la mer..
Puis, de la Sicile toute proche, arrivent les Syracusains
qui seront très vite délogés
à leur tour par ces mêmes Carthaginois
(280 avant J.C. ).
Quelques
repères dans l'Histoire
·
A partir de - 259 Conquête et paix romaine
Après une douloureuse et longue conquête
(- 259 - 111) Rome s'empare de l'île et c'est
un long répit - bien que parfois douloureux
- qui marque, à partir du 1er siècle
avant J.C, cette histoire agitée.
Cette période longue de plus de cinq siècles
permet l'instauration d'une "Pax Romana"
marquée par une prospérité
relative sur le secteur côtier et notamment
par la fondation de Mariana et le développement
d'Aleria devenue ville de garnison, base navale
et cité prospère.
La Corse doit à chacun de ses envahisseurs
successifs des apports nouveaux : ainsi, de l'époque
romaine date la découverte des sources minérales
et l'établissement de Thermes.
Le christianisme est progressivement introduit en
Corse sans doute à partir du 2ème
siècle . Restitude, Dévote et Julie
en seront les saintes martyres.
· A partir de 455 : Vandales et Ostrogoths
et Byzantins
La Corse doit subir ces nouvelles invasions avant
de connaître au VIème siècle,
pour environ deux siècles, l'occupation Byzantine
et avec elle les ravages de la perversion et de
la misère.
· Vers 754 : Une Terre Papale assaillie
par les Sarrazins
Alors que les Francs ont vaincu les Arabes, la Corse
conquise par les Lombards en 725, est cédée
29 ans après leur arrivée au Saint
Siège.
Mais la Méditerranée, source du meilleur
comme du pire, est à cette époque
sillonnée par les pirates barbaresques .
Les Sarrazins (Maures) - qui seraient à l'origine
du symbole de la Corse : La Tête de Maure
- ayant installé des points d'appui dans
l'île ( Campomoro, Morsiglia,) seront une
menace pour le commerce maritime jusqu'au X ème
siècle avant de subir les attaques concertées
de Pise et de Gènes.
Désorientée, en proie à l'anarchie
et déchirée par de terribles luttes
féodales, la Corse, devient progressivement
une monnaie d'échange au service de la papauté
qui arbitre ainsi sa politique entre Pise et Gênes
jusqu'à ce que le pape Grégoire VII
confie l'administration de la Corse aux Pisans en
1077.
· De 1077 à 1284 :La Trêve
Pisane
De la fin du XI ème siècle jusqu'à
à la fin du XIII ème, soit jusqu'à
la victoire de Gênes sur Pise - son éternelle
rivale - l'île bénéficie de
la sagesse et des bienfaits de la colonisation Pisane.
L'architecture et L'art Pisan s'expriment a travers
la construction de nombreux couvents ou églises
: celle de San Michele de Murato, de Calenzana,
de Carbini ou encore la fameuse Canonica. Cette
période voit apparaître des hommes
hauts en couleur comme Giudice de Cinarca (Sinucello
della Rocca), un temps maître de l'Ile, qui
fut finalement victime de son ambition comme de
Pise et de Gênes, ses alliés successifs.
· De 1284 à 1768 : Cinq siècles
d'époque Génoise
Gênes, déchirée elle-même
par une succession de complots et d'occupations
étrangères s'intéressera peu
à la Corse avant de devoir faire face aux
Aragonais, auxquels la papauté avait confié
la Corse.
Gênes ne s'y implantera réellement
qu'au milieu d'un XIV ème siècle,
alors que l'île est sous la menace de la peste.
L'époque Génoise s'achèvera
avec la guerre d'Indépendance (1729-1769).
Les trois premiers siècles de l'époque
génoise seront une époque de troubles
et d'anarchie au cours de laquelle Gênes déléguera
l'administration de la Corse dans un premier temps
à la Maona - une association de commerçants
génois - puis ,ensuite aux financiers de
la Banque Saint Georges.
C'est une époque également troublée
par les visées espagnoles sur cette terre
déchirée.
Les seigneurs corses, menant une politique anarchique
d'alliances successives et contradictoires avec
Gênes et l'Aragon, ruinent le pays. Leurs
châteaux seront détruits lors de la
révolte (1358) d'un peuple excédé,
conduit par Sambucuccio d'Alando .
C'est au tour de la France d'Henri II, en guerre
contre l'Espagne de Charles Quint, de débarquer
sur l'île en 1553.
Cependant la France, dont l'armée, devenue
maîtresse de l'île emploie des troupes
Corses menées par Sampiero Corso, doit très
rapidement la restituer à Gênes.
Sampiero, refusant cette situation, reprendra en
vain la guerre contre Gênes qui assoira enfin
son autorité.
La paix et l'amnistie s'installent en 1569 dans
une Corse en ruine, dépeuplée, ravagée
par les épidémies. Elle est dotée
de "Statuts Civiles et Criminels "ainsi
que d'institutions.
C'est sur cette île dépeuplée
que des Grecs fuyant les Turcs viendront s'installer
et créeront Paomia puis Cargèse .
Tout au long du XVI ème siècle les
cotes sont ceinturées de tours afin d'offrir
une meilleure protection contre les razzias des
Barbaresques.
De cette occupation génoise datent les villes
et citadelles de Calvi et Bonifacio. L'église
vit un véritable renouveau, Ajaccio se dote
d'une cathédrale.
Le développement de l'agriculture dans la
plaine orientale est contrarié, malgré
de nombreux efforts, par la malaria.
L'économie agricole reste largement pastorale
tandis que le développement économique
s'affirme dans la région du Cap Corse.
Autoritaire, la domination génoise se révèle
être un carcan empêchant le développement
d'une réelle démocratie et conduit
à l'apparition de premiers mouvements insurrectionnels.
· 1729 - 1769 La Guerre d'Indépendance
Cette guerre, véritable Révolution
Corse, contraint Gênes, déclinante,
à faire successivement appel à l'intervention
de l'Autriche puis à celle de la France.
Quatre insurrections secouent la Corse, et de ces
violents soubresauts naîtront, avec Jean Pierre
Gaforri, le sentiment d'appartenir à une
nation puis la volonté d'une Indépendance
gagnée par Pascal Paoli . De l'insurrection
des "montagnards" partie de Castagniccia,
pillant Bastia, au ralliement des notables de villes
soucieux d'émancipation, le mouvement gagne
l'Ile entière.
Ces troubles ne font qu'attiser la concurrence en
Méditerranée des grandes puissances
impliquées dans la guerre de succession d'Autriche
: l'Angleterre aidée de la Sardaigne dont
la Corse subit les attaques, l'Espagne alliée
de la France .
La quatrième révolte, née dés
le départ de troupes françaises, voit
l'assassinat de Gaffori en 1753 à Corte,
et l'unité se faire en 1755 autour de Pascal
Paoli général d'une Corse qui sera
Indépendante pendant 14 ans.
Cet homme, auquel beaucoup reconnaissent l'étoffe
d'un chef d'état, suscite et rassemble les
sympathies des opinions publiques et des intellectuels
européens, alors que jusque là, la
Corse était un petit morceau de terre inconnu
de tous.
L'audience de la Corse et de son chef, ardent démocrate,
trouvent ainsi des relais dans les oeuvres de Jean-Jacques
Rousseau (Contrat Social, Projet de Constitution
) et surtout dans celles de l'écrivain écossais
James Boswell (Account of a tour to Corsica).
Pascal Paoli, homme de progrès, sait adapter
les idéaux démocrates aux réalités
de cette Corse du XVIII ème siècle.
Il dote la Corse d'une capitale - Corte - ainsi
que d'une université et met en place les
structures d'un état dans lequel la "nation
corse" est souveraine.
· 1768 Le Traité de Versailles
- 1789 L'intégration à la France
La Corse, seule île indépendante de
Méditerranée, demeure cependant militairement
fragile.
La France qui a vu, au prix d'une politique ambiguë,
son l'influence grandir, sur la Méditerranée
en général et sur Gênes en particulier,
se voit céder la Corse en 1768 par le Traité
de Versailles. La résistance armée
opposée par les Corses de Pascal Paoli s'achève
avec le défaite de Ponte-Novo le 8 Mai 1769.
Trois mois plus tard, le 15 Août 1769 naît
Napoléon Bonaparte
Exilé pendant 21 ans en Angleterre, Pascal
Paoli marquera son retour par la création
d'un royaume anglo-corse qui ne vivra que deux ans(1794-1796).
Dans l'intervalle, le 3O Novembre 1789, un Décret
a proclamé la Corse "partie intégrante
de l'Empire français".
L'intervention des troupes françaises puis,
plus tard, les campagnes victorieuses de Napoléon
resserreront les liens avec la France qui ,avec
son Empire colonial ,deviendra rapidement terre
d'émigration pour partie de la population
insulaire qui a fortement augmenté au cours
du 19 ème siècle..
Le lourd tribut payé par la Corse durant
les deux dernières guerres mondiales ainsi
que son engagement dans la Résistance sera
la marque de l'appartenance à la France de
cette île qui reste cependant plus que jamais
attachée à la spécificité
de terre unique que lui ont donné depuis
sa naissance et la nature et l'histoire.

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